Mon histoire avec l’écriture
Mon histoire avec l’écriture
Une découverte adolescente
Treize ou quatorze ans, mon premier poème s’est retrouvé sur le brouillon d’une rédaction de français. Quatre vers d’amour aux boucles blondes de celui qui a bercé mes rêves depuis l’enfance. Il en aura fait couler de l’encre à partir de ce jour-là. Oui, ce quatrain a été le début de nombreux carnets noircis de poèmes écrits pendant les cours, les épreuves du brevet et du bac, les nuits d’insomnies. Ils parlaient d’amour surtout, de révolte parfois, de deuil souvent.
La période épistolaire
Dix-huit, vingt ans, s’installe une correspondance avec un ami. Des échanges profonds, des états d’âme, le sens de la vie, la quête de l’amour, la fuite ou la recherche de la mort. Des échanges posés sur les bancs de la fac ou dans la solitude de mon appartement d’étudiante. Il y a eu à cette période des mots, des échanges qui m’ont fait grandir, des mots forts échappés avec un sens qui revient en boomerang. La force des mots comme on ne s’y attend pas.
L’exutoire
L’écriture m’a donné cet espace où il est possible de tout dire, ce que personne ne lira. Faire le vide, se délester, crier sans faire de bruit. J’aurais pu exploser sans un stylo et de quoi écrire. Ce pouvoir magique m’a libéré de tant d’angoisses, de peurs, de colères, grâce à lui, j’ai pu les mettre à distance, les voir de plus haut. Toujours un carnet pas loin, et des stylos partout.
Écrire pour se (re)connaitre et voir la vie d’une autre couleur
Ici, c’est l’écriture de soi, de ses souvenirs, de ses envies, de ses projets. Une écriture surprise où l’on croit ne rien avoir à dire et où l’on dit tellement. Ce sont des consignes, des exercices pour faire de l’écriture un outil de bien-être, un outil parfois thérapeutique (mais il l’est, en fait, depuis ce premier poème). Ce sont mes 5 minutes rituelles le matin, tout ce qui vient, je l’écris. C’est le soir, ce jeu de poursuite avec un mot, le dernier de l’écrit de la veille devient le thème de l’écrit du jour, comme une variante de logorallye. Et pour finir, la gratitude, la liste d’au moins 3 moments de la journée pour lesquels j’ai de la reconnaissance. M’endormir avec l’image de ces moments, en couleur.
Ne rien jeter
Des feuilles volantes, des post-it, des carnets, des notes électroniques, partout j’ai laissé et je laisse une trace de moi, une partie de moi. Des mots précieux, des talismans, que je ne peux jeter, brûler ou déchirer, alors qu’un jour, je ne serai plus là pour les protéger. Et leur destin est peut-être celui-là, se retrouver dans les mains de ceux qui videront les placards et les cartons un jour.
Nadège

